Ce document d’une centaine de pages s’appuie sur l’enquête « Accès aux droits » menée, entre fin 2024 et début 2025, auprès de plus de 5 000 personnes avec l’appui de l’institut de sondage Ipsos. Dans cette enquête, 7 % des personnes interrogées déclarent avoir fait l’objet de discriminations fondées sur la religion au cours des cinq dernières années, à l’école, au travail, dans l’accès au logement, aux commerces ou encore dans la vie associative et sportive. Ce taux est nettement plus important pour les personnes qui déclarent être de religion musulmane ou être considérées comme telles.
S’agissant de l’accès à l’emploi, le rapport constate « des refus d’embauche explicitement discriminatoires », tout en rappelant qu’« aucun salarié ou agent public ne peut être écarté d’un processus de recrutement en raison de ses convictions religieuses ». La Défenseure des droits a été saisie par plusieurs personnes ayant fait l’objet d’une telle discrimination, par exemple des femmes portant le voile dont il a été mis fin abusivement à une période d’essai en l’absence de justifications.
En situation de travail, le rapport note « de multiples cas de harcèlement moral discriminatoire et d’ambiance » : 7 % des enquêtés déclarent avoir fait l’objet, sur leur lieu de travail, de propos ou de comportements stigmatisants liés à leur religion. En 2024, 32 % des personnes de confession musulmane ou perçues comme telles ont déclaré avoir fait l’objet de propos ou de comportements stigmatisants liés à la religion, contre 3 % des personnes chrétiennes.
La Défenseure des droits illustre ces discriminations en publiant plusieurs décisions qui ont pu être rendues, tant dans le secteur privé que public, par l’autorité administrative chargée de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens.
Sont notamment mentionnés les cas d’une salariée d’une entreprise de transport subissant « des propos dégradants sur les femmes voilées », un journaliste victime « d’injures, des moqueries et remarques désobligeantes sur le ramadan », de la part de ses collègues et supérieurs hiérarchiques, ou encore un salarié handicapé subissant « des propos antisémites et liés à son handicap » de la part de son supérieur hiérarchique. Plusieurs exemples de harcèlement moral discriminatoire dans la fonction publique sont également détaillés.
Le rapport rappelle que tout employeur a l’obligation de garantir la santé et la sécurité de ses agents ou salariés. Ces discriminations produisent une grande souffrance au travail chez les victimes. Elles sont souvent tues par les victimes.

