Personnes LGBT : des discriminations au travail en hausse

La nouvelle édition du baromètre LGBTQIA+ de l’association L’Autre Cercle s’alarme d’une augmentation des discriminations au travail et des actes hostiles envers ces personnes.

Publié le 4 mai 2026 à 21h05 Lecture 3

Publiée fin avril, la cinquième édition du baromètre de l’association L’Autre Cercle, réalisé avec le concours de l’Ifop, montre un durcissement préoccupant du climat au travail en France pour les personnes LGBTQIA+ (1) depuis 2024. « Ce constat ne peut être dissocié d’un contexte international où les discours anti-genres et les stratégies de désinformation s’intensifient, ciblant particulièrement les personnes trans et non binaires », souligne Guillaume Savoie, vice-président de l’association.

L’enquête a été menée auprès de 75 000 salariés et salariées exerçant leur activité en France, dont au moins 10 % de personnes LGBT. 70 % des salarié.es ont choisi d’être visibles dans leur organisation de travail. Si la perception de l’ensemble des salariés face à leurs collègues LGBT reste globalement positive, le baromètre révèle néanmoins un décalage avec la réalité vécue par les personnes concernées.

Ainsi, plus d’une personne LGBT salariée sur trois se dit avoir été victime de discrimination de la part de la direction (12 points de plus depuis 2024), que ce soit sur le déroulement de leur carrière, leur rémunération ou encore les missions confiées. Plus d’un salarié ou d’une salariée sur trois a été victime d’une agression au moins sur son lieu de travail (8 points de plus depuis 2024).

Le tiers des salariés et salariées LGBTQIA+ ont ainsi été témoins ou victimes d’une forme de harcèlement ou d’agression : moqueries désobligeantes ou propos vexants (36 %), insultes ou injures (32 %), mises à l’écart (28 %), attouchements ou agressions à caractère sexuel (20 %), actes de violences physiques (19 %).

« Les salarié.es rapportent deux fois plus de situations LGBTphobes que leurs collègues non concernées », signale le rapport de l’association. « De nombreuses agressions ou discriminations restent invisibles pour les personnes non concernées, favorisant ainsi une forme de banalisation des comportements hostiles au sein de l’environnement professionnel. »

L’Autre Cercle insiste sur la responsabilité des employeurs au regard de la montée de ces discours hostiles et à la banalisation des actes LGBTphobes : une obligation de sécurité et de la protection de la dignité de chaque salarié.e.

(1) L’Autre Cercle privilégie l’acronyme LGBTQIA+ qui désigne les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et non binaires, queers, intersexes, asexuel.les et toutes les personnes ne se reconnaissant pas comme hétérosexuelles et cisgenres.