Quels sont les salariés exposés aux horaires de travail atypiques les plus contraignants ?

Une étude de l’Insee relative aux horaires atypiques de travail montre que les femmes, les salariés les moins qualifiés et les personnes nées à l’étranger sont exposés aux « formes les plus contraignantes » de cette organisation du travail.

Publié le 24 novembre 2025 à 15h11 Lecture 2

Les horaires de travail atypiques sont largement répandus en France, d’après les résultats d’une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 18 novembre. Près de la moitié des salariés (48 %) sont concernés par des horaires atypiques : leurs heures habituelles de travail sont décalées (tôt le matin, le soir ou la nuit), fractionnées ou longues, ou ils travaillent de manière régulière le week‑end (hors travail emporté à la maison).

En moyenne, 30 % des salariés travaillent régulièrement le week‑end et 36 % ont des heures de travail atypiques. « Plus la catégorie socioprofessionnelle est favorisée, moins elle est exposée aux heures atypiques de travail et au travail le week‑end », soulignent les auteurs.

Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à travailler le week‑end et en horaires fractionnés, organisation temporelle la plus contraignante d’après les chercheurs. Les heures fractionnées concernent, davantage que les autres formes d’heures atypiques, les travailleurs peu ou pas diplômés : 61 % des femmes et 60 % des hommes concernés n’ont pas le baccalauréat.

Les femmes qui travaillent en heures fractionnées sont principalement des employées non qualifiées de certaines professions, aides à domicile, aides ménagères, agentes de propreté. Les hommes en heures fractionnées sont surtout des ouvriers (chauffeurs, couvreurs, maçons, éboueurs, boulangers ou bouchers, etc.), ainsi que les personnels de service aux particuliers, serveurs et salariés de l’hôtellerie‑restauration. Les femmes et les hommes nés à l’étranger sont surreprésentés parmi les salariés en heures fractionnées.

Les hommes sont un peu plus souvent concernés par le travail de nuit (3 % des hommes, contre 2 % des femmes) et les journées longues (9 % des hommes, contre 8 % des femmes). Le pays de naissance a un effet prononcé : par rapport aux salariés nés en France, ceux nés dans un pays du Maghreb, par exemple, ont 1,9 fois plus de risques de travailler la nuit, 2,2 fois plus en soirée et 1,9 fois plus avec des heures fractionnées.