Près de 1 300 morts au travail en un an, record édifiant

Le dernier rapport annuel de l’Assurance-maladie recense 1 297 décès au travail en 2024, dont 764 accidents mortels.

Publié le 25 novembre 2025 à 17h11 Lecture 3

Dix décès au travail de plus qu’en 2023, déjà une année record. Publié le 18 novembre, le « Rapport annuel de l’Assurance-maladie — Risques professionnels » révèle que 1 297 personnes sont décédées au travail en 2023, dont 764 à la suite d’un accident de travail (soit 5 de plus qu’en 2023), 318 à la suite d’un accident de trajet et 215 à cause d’une maladie professionnelle.

Ces chiffres, déjà édifiants en eux-mêmes, sont partiels puisqu’ils ne concernent que les salariés affiliés au régime général. Sont exclus de ce recensement les agents de la fonction publique, les agriculteurs, les chefs d’entreprise, mais aussi les autoentrepreneurs dont le nombre a explosé en France au cours des dernières années.

« Travailler ne doit jamais coûter la vie. Nous devons exiger des mesures fortes, des sanctions réelles, une prévention obligatoire et des moyens à la hauteur de l’urgence », a souligné le Collectif familles stop à la mort au travail lors de la parution du rapport.

Le nombre des accidents du travail mortels se maintient toujours à un niveau élevé, malgré plusieurs campagnes lancées par le gouvernement. « Depuis 2020, ce chiffre ne cesse de grimper, révélant une situation catastrophique et une véritable crise de la sécurité au travail », analyse la CGT. « Ces accidents et décès sont le reflet d’organisations pathogènes du travail mises en place pour faire passer les profits avant la santé, la sécurité et la vie des travailleurs et des travailleuses  », ajoute l’union syndicale Solidaires.

Le secteur des transports, eau, gaz, électricité, livre et communication a enregistré 178 décès en 2024, soit une hausse de 13,4 % du nombre de décès par rapport à l’année 2023. Le BTP a comptabilisé 146 décès par accident du travail en 2024. Le secteur de l’alimentation qui regroupe les activités de services, de commerces, d’industries de l’alimentation, a enregistré 82 décès en 2024, une augmentation de 20,6 % du nombre d’accidents mortels.

Tous secteurs confondus, la principale cause de décès reste les malaises, avec 447 cas et 59 % du total des décès par accident du travail en 2024. Pour la CGT, ces décès liés à des malaises reflètent « une intensification des rythmes de travail ».

Face à ce constat dramatique, les syndicats CGT et Solidaires demandent plusieurs mesures urgentes. Ils revendiquent notamment le rétablissement des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), une politique pénale du travail plus sévère pour condamner fermement les employeurs responsables d’accidents graves au travail, la suppression du recours à la sous-traitance et à l’intérim dans toutes les activités à risque.
« Derrière chaque mort, il y a une entreprise qui n’a pas rempli son devoir de protection, un État qui n’a pas imposé des règles de sécurité strictes, et un système qui tolère l’inacceptable », souligne la CGT.