Polluants éternels : des expositions professionnelles préoccupantes d’après l’Anses

Dans un avis relatif au contrôle de la contamination par les composés per- et polyfluoroalkylées (PFAS), l’agence de sécurité sanitaire préconise l’acquisition de données d’exposition professionnelle sur ces polluants et le suivi médical des travailleurs concernés.

Publié le 28 octobre 2025 à 18h10 Lecture 3

Comme le rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un avis publié le 22 octobre dernier, les PFAS ou « polluants éternels » représentent plusieurs milliers de substances pouvant s’accumuler et diffuser dans l’environnement.

Aujourd’hui, quatre PFAS sont règlementés dans certains aliments, et vingt autres PFAS seront surveillés dans l’eau potable à partir du 1er janvier 2026. L’Anses recommande cependant d’élargir la stratégie de surveillance à 247 polluants éternels suspectés de toxicité, au sein de la population, de l’environnement, mais aussi en milieu professionnel.
« Les expositions professionnelles peuvent se situer à des niveaux supérieurs aux expositions environnementales et doivent bénéficier d’un suivi médical, (…) il importe de prendre en compte leur éventuel cumul avec les autres sources d’exposition », souligne l’avis de l’agence.

Deux recherches récemment publiées sur l’exposition aux PFAS pour la population des travailleurs soulignent le manque de données en la matière. Les données disponibles concernent principalement les pompiers, les « farteurs de ski », ainsi que les travailleurs de la chimie du fluor. « Or, il existe d’autres professions et industries dans lesquelles les travailleurs peuvent être exposés aux PFAS dont le chromage, la fabrication du papier, le cirage des planchers, les textiles, etc. », ajoute l’Anses.

De plus, seuls quelques composés sont pris en compte « alors qu’une exposition des travailleurs à un éventail beaucoup plus large de PFAS est suspectée ». Ces substances chimiques sont utilisées dans de nombreux secteurs d’activités en raison de leurs propriétés (antiadhésifs, ignifuges, antitaches, imperméabilisants, résistants aux fortes chaleurs…).

Les travaux sur ces composés de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), qui a lancé une grande enquête sur le sujet fin 2024, devraient permettre d’en savoir plus sur ces expositions professionnelles. L’étude vise à identifier les PFAS mis en œuvre, les secteurs industriels concernés et développer des méthodes pour caractériser l’exposition des salariés.
En février dernier, la CGT avait interpellé l’ancien Premier ministre François Bayrou pour une action urgente sur les polluants éternels. L’organisation avait alors formulé plusieurs demandes : cartographie des expositions, suivi médical, reconnaissance des maladies professionnelles provoquées par ces substances, obligations de recherche d’alternatives…