Dans les secteurs de l’information et de la culture, l’intelligence artificielle (IA) générative se déploie à marche forcée, sans tenir compte des alertes des salariés et de leurs représentants. Argument des directions : accompagner les salariés. Mais l’IA est susceptible de modifier les conditions de travail et entrainer des suppressions de poste.
La direction de l’un des plus importants groupes de presse professionnelle, Infopro Digital, qui édite notamment Le Moniteur, La Gazette des communes, L’Usine Nouvelle, L’Argus de l’assurance, vient de faire les frais de ce déploiement de l’IA générative (IAg) en l’absence de dialogue social.
Réclamant en vain une « information-consultation » sur le déploiement de l’IA générative et les conditions de travail, les élus et élues au CSE (Comité Social Economique) ont saisi le tribunal judiciaire de Créteil. Le tribunal leur a donné raison le 15 juillet, estimant nécessaire une information-consultation sur l’IA et ajoutant que son « déploiement dans le secteur de la presse est susceptible d’affecter les conditions de travail de ses salariés ».
« La direction est tenue de désactiver tous les outils d’IAg mis à disposition des salarié·e·s jusqu’à la conclusion de l’information-consultation, avec astreinte de 1 000 euros par jour d’infraction, souligne l’intersyndicale dans un communiqué du 24 juillet. De plus, la direction devra payer 5 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros pour les frais de justice à chacun des CSE. »
Le cabinet Syndex, dont la mission est de conseiller et d’aider les représentants des salariés, vient de mettre à disposition des élus un livre blanc afin de les outiller pour mener à bien un dialogue social sur l’intelligence artificielle et le travail. L’objectif est de leur fournir des leviers concrets pour exercer pleinement leurs prérogatives.

