Après la publication au cœur de l’été du rapport annuel « charges et produits » de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam), les arrêts maladie indemnisés sont de nouveau dans le viseur. Arguant d’une augmentation importante des indemnités journalières, le gouvernement prévoit différentes mesures censées limiter les arrêts maladie : délai de carence augmentée, limitation des arrêts à 15 jours lors de la première prescription, contrôle des arrêts longs…
Si les membres du gouvernement évoquent une « dérive » du recours aux arrêts maladie, dont nombre ne seraient pas justifiés, le rapport de la Cnam est plus prudent pour expliquer la croissance des indemnités journalières. « Celle-ci s’explique principalement par la hausse du nombre de personnes en emploi et le vieillissement de la population active », peut-on lire. Les facteurs économiques, tels que l’augmentation des salaires, et les facteurs démographiques sont responsables de 60 % de l’augmentation des indemnités journalières depuis 2010.
Mais les 40 % restants de progression des indemnités journalières « restent difficiles à cerner, et encore plus à quantifier » d’après la Cnam. « Cette progression pourrait être liée à une dégradation des conditions de travail », estime le rapport. Plusieurs études faisant état d’une augmentation « de l’exposition à des pénibilités physiques et à des contraintes psychosociales » sont ainsi mentionnées dans le document.
La Cnam pointe cependant un autre facteur, « les arrêts de travail non justifiés » révélés par les contrôles de l’Assurance-maladie auprès des assurés et des prescripteurs. Le gouvernement a précisé que 50 % des arrêts maladie longs seraient injustifiés, une analyse qui a fait bondir le premier syndicat de médecins généralistes, MG France. « Ce chiffre ne concerne qu’un échantillon ciblé d’arrêts, sélectionnés pour leur contexte particulier, et non l’ensemble des arrêts longs, indique MG France dans un communiqué fin juillet. Parmi les arrêts qualifiés d’injustifiés, beaucoup relèvent en réalité d’une autre prise en charge : invalidité ou reclassement professionnel. »

