Syndrome du canal carpien professionnel : les causes de la sous-déclaration

Si 70 % des personnes souffrant d’un syndrome du canal carpien (SCC) suspectent une origine professionnelle de leur maladie, seule une personne sur dix a fait une déclaration en maladie professionnelle.

Publié le 7 septembre 2026 à 19h09 Lecture 3

Le SCC est la deuxième maladie professionnelle la plus fréquemment reconnue par le régime général de la Sécurité sociale, après les tendinopathies de la coiffe des rotateurs de l’épaule. Pour autant, une nouvelle étude publiée début septembre par Santé publique France suggère une sous-déclaration encore massive de ce trouble musculo-squelettique (TMS) en lien avec l’activité professionnelle.

« Plus de sept personnes sur dix souffrant d’un SCC déclarent que le travail est la cause probable de la pathologie, mais, parmi elles, seule une personne sur dix indique avoir fait une déclaration en maladie professionnelle (acceptée dans près de huit cas sur dix) », précise l’agence. Ainsi, près de 90 % des personnes suspectant une origine professionnelle de leurs troubles n’ont pas de fait de déclaration en ce sens.

La maladie est fréquente : en 2021, 14 % des personnes de 20 à 64 ans, dont une majorité de femmes, déclarent avoir souffert d’un SCC au cours des cinq dernières années. Pour mieux comprendre les raisons de cette sous-déclaration, Santé publique France a étudié le parcours de soin des personnes touchées et les freins à la déclaration en maladie professionnelle.

Parmi les personnes ayant déclaré que la cause de leur SCC était principalement ou en partie professionnelle, seuls 11 % indiquent avoir bénéficié d’un conseil pour la déclaration de la part du médecin généraliste, du médecin du travail ou d’un autre spécialiste. « La proportion des personnes indiquant avoir fait une déclaration en maladie professionnelle est trois fois plus élevée parmi les personnes déclarant avoir rencontré le médecin du travail », signale Santé publique France.

Les principales raisons de la sous-déclaration en maladie professionnelle sont les suivantes : des symptômes ou douleurs peu importants (25 % des répondants de cette enquête) ; ne pas savoir comment faire (11 %) ; la peur de perdre son emploi (10 %) ; des formalités administratives jugées trop lourdes (9 %) ; travail indépendant, inactivité ou retraite (8 %).

Pour améliorer la prise en charge en maladie professionnelle de ce trouble musculosquelettique, dont une partie importante est attribuable à l’activité professionnelle, Santé publique France suggère « de renforcer la formation des médecins généralistes sur l’existence et le fonctionnement de ce dispositif et de poursuivre les campagnes d’information à destination du grand public relatives aux TMS ».