« La souffrance psychique au travail : un défi sociétal et collectif à relever » : tel est le libellé de la mission d’information sénatoriale qui a officiellement lancé ses travaux le 4 février dernier. Cette mission d’information a été créée à l’initiative du groupe RDSE.
Les sénateurs et sénatrices à l’initiative de cette mission rappellent que les données de Santé publique France publiées en 2024 montrent que « la souffrance en milieu professionnel est un phénomène d’ampleur ». D’après les calculs de Santé publique France, la souffrance psychique en lien avec le travail a concerné, en 2019, 5,9 % des femmes et 2,7 % des hommes. Ces taux ont doublé sur la période 2007-2019.
Estimant qu’il est nécessaire de mieux comprendre le syndrome de l’épuisement professionnel (ou burn-out), les sénateurs soulignent que « la prolongation en 2026 de la “Grande cause nationale” relative à la santé mentale ne peut faire l’impasse sur la question des souffrances psychiques en milieu professionnel ».
Les travaux de la mission d’information, qui se tiendront de février à juin 2026, auront comme objectif : d’objectiver les causes à l’œuvre dans la croissance de la prévalence observée de l’épuisement professionnel ; d’étudier si les politiques de prévention en santé et de prise en charge répondent à ces enjeux et permettent le retour au travail des personnes ayant connu des souffrances psychiques liées à leur emploi ; de proposer des évolutions quant aux conditions de reconnaissance de l’épuisement professionnel comme maladie professionnelle.
Danièle Linhart, sociologue et directrice émérite de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ainsi que Marie Pezé, docteur en psychologie et fondatrice du réseau Souffrance et Travail, sont les deux premières personnes auditionnées par la mission fin février.
La mission est présidée par la sénatrice Monique Lubin, du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain. La rapporteure est la sénatrice Annick Girardin, du groupe RDSE.

