Les propositions d’une députée LFI pour la santé au travail

Dans son rapport sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (AT-MP), la députée LFI Ségolène Amiot, ancienne représentante syndicale dans son entreprise, préconise 83 mesures urgentes « afin que chacun ne perde plus sa vie à la gagner ».

Publié le 8 octobre 2026 à 17h10 Lecture 2

«AT-MP-S’insoumettre à 10 ans de macronisme » : tel est le titre sans équivoque du rapport militant de 80 pages de la parlementaire de La France insoumise Ségolène Amiot qu’elle vient de mettre à disposition sur son site. « Je me suis attelée à essayer de comprendre comment la France en était arrivée à être la championne d’Europe des morts au travail », explique la députée de Loire-Atlantique.

Ségolène Amiot souligne qu’elle a été représentante syndicale dans son entreprise avant d’être élue députée. Elle précise qu’elle a auditionné, avec son équipe, des spécialistes en recherche, des syndicalistes, des familles de victimes, des médecins, des inspectrices et inspecteurs du travail pour élaborer ce document.

En premier lieu, elle dresse un état des lieux alarmant des dix dernières années de politiques publiques, désastreuses selon elles pour la santé et la sécurité au travail : « flexibilisation du travail » et intensification des rythmes du travail, disparition des comités d’hygiène santé et conditions de travail (CHSCT), plans gouvernementaux de prévention en santé et sécurité au travail non contraignants pour les entreprises, promotion de l’auto-entrepreneuriat, baisse des effectifs de l’inspection du travail.

En second lieu, la parlementaire LFI propose une série de plus de 80 mesures pour lutter contre la dégradation de la santé et de la sécurité au travail. « La souffrance au travail n’a rien d’inévitable ou de nécessaire », ajoute Ségolène Amiot.

Ces mesures sont très variées, la plupart sont défendues par des organisations syndicales, d’autres sont plus novatrices : création d’un observatoire des personnes mortes au travail ; assurer la compensation intégrale par la branche AT-MP du coût de la sous-déclaration pour l’Assurance maladie ; actualiser et créer de nouveaux tableaux de maladies professionnelles ; rétablir les CHSCT ; permettre la reconnaissance des maladies psychiques en lien avec le travail ; intégrer de nouveaux critères de pénibilité…

Pour discuter de ces mesures et propositions, la députée a organisé le 5 octobre dernier un colloque à l’Assemblée nationale. Reste à savoir si d’autres parlementaires se saisiront de ces travaux pour faire avancer la santé au travail.